D'où je viens

D'ou je viens

Getattachment 1 Je suis né à Aubagne dans les années 60 et j'ai grandi au pied du garlaban, univers de Marcel Pagnol. Les ruines d'Aubignane, la source du plantier, la maison de Panturle, le mas de massacan, la ferme d'Angèle et la grotte du gros hibou étaient des lieux familiers qui m'interpellaient. Pour créer ce village en ruines, Marcel Pagnol avait choisi Marius Brouquier, maçon de la Treille, pour ses compétences. Epoque où l'on consultait l'artisan du village pour son bon sens et sa mesure. L'abandon de cette pratique et son modèle d'habitat, l'apparition de nouveaux matériaux industrialisent et déhumanisent les nouvelles constructions devenues "produit de consommation". Ce constraste est particulièrment frappant lorsque je me rend dans la petite vallée italienne que mon arrière grand-père a quitté pour venir travailler à Marseille. Nul autre endroit n'a autant été préservé et l'habitat se fond avec enchantement dans son environnement. Le mimétisme y est parfait. Les constructions répondent idéalement aux contraintes climatiques locales. Les matériaux mis en oeuvre proviennent des gisement proches et ne sont utilisés que dans le rôle qu'ils doivent jouer normalement. Les habitants de cette vallée ont réussi la prouesse technique de réaliser nombre de fresques, cadrans solaires, peintures murales set constructions en pierres sèches avec peu de moyens mais beaucoup d'ingéniosité. Ils restent humbles face à la nature avec laquelle ils vivent en harmonie. Cette vallée est le témoin rare d'un équilibre fragile entre l'homme et la nature. Ici, l'homme ne manifeste pas sa "supériorité" face aux éléments. Son habitat est modeste mais riche en décors qu'il faut faire l'effort de découvrir. Ces valeurs sont devenues les miennes et je me pose souvent la question : dans tel cas, comment les anciens auraient ils fait?

 mon parcours

1984 - Entrée dans le monde du travail, découverte du métier de maçon en famille : maçonnerie traditionnelle des manuels scolaires (construction de maisons individuelles en agglos, pose de placoplâtre, utilisation exclusive du ciment dans le neuf et l'ancien...)

1986 - Mon père m'initie au montage des murs en pierre sèches, technique qu'il tient de son père, maçon pietmontais

1996 - création de mon cabanon, prémice d'un premier changement de voie

2000 - Désireux de changer de qualité de vie, je m'installe, apres obtention de mon diplôme, jeune agriculteur et cultive des vignes autour d'une bergerie en ruines du XVIème.

2002 - J'assiste à une conférence sur l'utilisation de la chaux pour les enduits et les badigeons (école d'Avignon). C'est une révélation. Mon envie d'exercer une autre maçonnerie me pousse à tout changer. J'apprends à regarder, mon esprit s'ouvre et mon regard sur le bâti évolue. Mes méthodes de travail  ne seront plus jamais les mêmes. Cette bergerie en ruine où j'allais jouer enfant, si longtemps oubliée des hommes sera ma renaissance. En la remontant pierre après pierre, je me reconstruit : une liaison entre l'ancien et le nouveau mur comme créer un lien entre le passé et le présent.

2007 - Je suis récompensé par le Grand Prix national René Fontaine organisé par l'association de protection du patrimoine Maisons Paysannes de France. C'est la reconnaissance de mon travail.

2011 - Je deviens maçon de pays

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Date de dernière mise à jour : 02/05/2016

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